Article mis à jour le10 janvier 2026par l’équipe médicale et paramédicale du site|Publié le19 septembre 2019
Opération de la hernie hiatale
Témoignage de Louise
Je m’appelle Louise, j’ai 47 ans et je me suis faite opérer de ma hernie hiatale il y a deux ans.
J’ai commencé à faire du reflux gastrique vers mes 40 ans. Au début, cela se manifestait par des brûlures d’estomac après les repas, puis par des remontées acides la nuit, avec une sensation d’acide dans la gorge au réveil. Les IPP prescrits par mon médecin me permettaient d’aller mieux et de calmer les symptômes. Mais la gorge restait irritée, la toux revenait par périodes et, surtout, il y avait cette fatigue chronique, probablement dû au sommeil coupé pendant mes nuits.
Le reflux gastrique perturbait aussi bien mes journées que mes nuits. J’ai essayé de nombreuses choses, comme manger moins, manger mieux, dormir en pente… mais en vain. Après plusieurs années d’allers-retours chez les médecins, mon médecin m’a redirigée vers un gastro-entérologue pour faire un examen (fibroscopie). Suite à cela, on m’a diagnostiquée une hernie hiatale. Je ne savais pas ce que c’était.
Le gastro-entérologue m’en a parlé plus en détail. Selon lui, la « poche » de la hernie entretenait le reflux et, tant que la hernie hiatale était présente, le problème risquait très probablement de persister.
Plusieurs solutions ont été évoquées : poursuivre un traitement par IPP sur la durée (voire à vie) si cela fonctionnait, ou envisager une opération.
La décision
Comme après plusieurs mois de traitement sous IPP je ne voyais toujours pas d’amélioration, j’ai finalement décidé de recontacter le gastro-entérologue pour me faire opérer.
J’avais peur que ça dégénère vers quelque chose de plus grave, comme l’œsophage de Barrett. Les examens se sont enchaînés : endoscopie, pH-métrie, manométrie. On m’a expliqué la fundoplicature de Nissen : le fait d’enrouler le haut de l’estomac autour de l’œsophage pour recréer une valve.
Sur le papier, c’était logique. Je me souviens m’être dit : “Si ça peut me rendre une vie normale, je signe.”
Le jour de l’opération
Je me suis réveillée avec une sensation étrange. Pas vraiment une douleur aiguë, plutôt une pression diffuse dans le haut du ventre. Ce qui m’a surprise, c’est que la douleur la plus désagréable venait de l’épaule droite. Le chirurgien m’a expliqué que c’était le gaz utilisé pour gonfler l’abdomen pendant l’opération.
Les deux premiers jours, j’ai eu mal, mais c’était supportable, probablement grâce aux antalgiques. La douleur était surtout présente lors des mouvements (se lever, tousser, rire). J’étais très fatiguée, sans sensation de faim, et je n’avais pas envie de manger. À partir du troisième ou quatrième jour, la douleur a nettement diminué, et j’ai surtout dû m’adapter aux nouvelles sensations digestives plutôt qu’à une vraie souffrance.
Les premières semaines
Les premières semaines ont été déroutantes. Je n’ai personnellement plus eu de reflux durant cette période, ce qui semble assez logique compte tenu des faibles quantités de nourriture ingérées et des textures (liquide, molle ou mixée). J’aurais dû me sentir simplement soulagée, mais à la place, une autre forme d’inconfort s’est installée.
Manger n’avait plus rien de spontané. Chaque repas demandait de l’attention. Je devais prendre de toutes petites bouchées et, quand j’ai pu réintroduire la nourriture solide, mâcher longuement, attendre que ça descende avant de reprendre. Au début, après quelques cuillères seulement, j’avais déjà cette sensation d’être pleine, comme si l’estomac refusait d’en accepter davantage. Par moments, j’avais l’impression que la nourriture restait coincée derrière le sternum : pas vraiment douloureux, mais suffisamment pour me tendre et hésiter avant la bouchée suivante. On m’avait expliqué que c’était normal, que l’œsophage devait s’adapter… mais le vivre au quotidien, c’est autre chose que de l’entendre en consultation.
Il y a eu aussi ces petits épisodes inattendus. Un hoquet qui devenait soudain douloureux, un éternuement qui me donnait l’impression que tout allait lâcher. Ce sont des détails qu’on ne trouve pas toujours dans les explications médicales, mais qui marquent.
Et puis il y a cette chose à laquelle on ne pense jamais avant l’opération : l’impossibilité de vomir. Tant qu’on n’en a pas besoin, ça semble anecdotique. Mais le jour où l’on ressent une nausée, on découvre cette sensation étrange de pression interne, comme si le corps cherchait un réflexe devenu inaccessible…
Trois mois plus tard
Trois mois plus tard, je pouvais dire honnêtement que j’allais mieux. Les brûlures d’estomac avaient disparu. Je pouvais m’asseoir à table sans appréhension, dormir sans redouter une remontée acide au milieu de la nuit. Sur ce point-là, le soulagement était réel.
Mais tout n’était pas redevenu comme avant. Je devais rester attentive. En cas de repas plus copieux, je ressentais rapidement une pression sous les côtes, un inconfort qui m’obligeait à ralentir. L’alcool passait moins bien qu’avant, comme si mon système digestif était devenu plus exigeant. Et surtout, j’ai remarqué que les périodes de stress intense réveillaient des sensations dans la zone du diaphragme, comme une tension.
C’est là que j’ai réalisé que l’opération avait corrigé le problème des remontées acides, mais que mon système digestif restait fragile. La chirurgie peut donc soulager, sans pour autant remettre les compteurs totalement à zéro.
Un an après
Un an plus tard, je peux dire que l’opération de ma hernie hiatale m’a apporté un soulagement réel. Je n’ai plus de sensation de brûlure d’estomac et ma qualité de vie s’est améliorée.
Cependant, il faut accepter que l’adaptation prenne du temps. Les mois qui suivent ne consistent pas seulement à “aller mieux”, mais à apprivoiser un nouveau fonctionnement digestif. On apprend à écouter davantage son corps, à manger plus lentement, à éviter les excès, à fractionner les repas. Il faut aussi être plus attentive aux quantités, aux aliments qui fermentent ou ballonnent, et aux situations de stress qui peuvent raviver des sensations dans le haut de l’abdomen. En réalité, la chirurgie corrige le reflux, mais elle impose une forme de discipline quotidienne pour préserver l’équilibre retrouvé.
Je connais des personnes pour qui la fundoplicature a été vécue comme une renaissance. D’autres ont rencontré davantage de complications. Certains ont vu les effets s’estomper avec les années (j’éspère que ça ne sera pas mon cas). Chaque parcours est différent.
Avec le recul, une question revient parfois me traverser l’esprit :
Est-ce que j’avais vraiment exploré toutes les pistes avant d’en arriver à une solution irréversible ?
Je ne parle pas de conseils superficiels ou de recommandations générales. Je parle d’une méthode claire pour réduire la pression abdominale, travailler sur la hernie hiatale, mieux respirer, mieux manger et apaiser le stress.
À l’époque, je ne savais pas que certaines hernies par glissement (85% des hernies hiatales) pouvaient, chez certaines personnes, se résorber avec un travail ciblé. Je ne savais pas qu’il existait des méthodes visant à réduire la pression intra-abdominale et à améliorer la dynamique diaphragmatique.
Peut-être que j’aurais fait le même choix malgré tout. Peut-être pas.
Mais aujourd’hui, je pense qu’avant de modifier durablement l’anatomie de son estomac, on devrait au moins avoir une information complète, pour s’assurer d’avoir exploré toutes les possibilités et prendre une décision réellement éclairée.
Comprendre l’opération de la hernie hiatale en détail
Pour en savoir plus sur le déroulement précis de l’intervention, les risques possibles et les effets secondaires à court et long terme.
Avertissement concernant ce témoignage
Ce témoignage reflète une expérience personnelle et ne constitue en aucun cas un avis médical. Chaque situation étant différente, les décisions relatives à une hernie hiatale ou à une éventuelle intervention chirurgicale doivent être prises en concertation avec un médecin généraliste ou un spécialiste. Seul un professionnel de santé est habilité à poser un diagnostic et à proposer un traitement adapté à votre situation.

